25 septembre 2016 à 17h00

Espace Montrichard de Pont-à-Mousson

En clôture du Festival

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Jean-Claude Petit incarne une nouvelle génération de compositeurs pour l’image apparue au tournant des années quatre-vingt. Pourtant, quand il aborde son premier long-métrage en 1982 (avec Vive la sociale ! de Gérard Mordillat), il a déjà (quasiment) vingt ans de métier au compteur. « À quarante ans », plaisante-t-il, « j’étais un jeune compositeur de cinéma et un vieux professionnel de la musique ».

Né en 1943, Jean-Claude Petit suit des études classiques au Conservatoire de Paris (harmonie, fugue, contrepoint), avec une passion parallèle pour le jazz, qui l’amène à jouer en club avec des pointures comme Stan Getz, Dexter Gordon ou Kenny Clarke. Pour gagner sa vie, au début des années soixante, il accepte d’accompagner des chanteurs yé-yé, puis d’écrire leurs arrangements. Auréolé d’une réputation flatteuse, il devient l’arrangeur vedette du tout show-biz. Le son typique de la variété française des années soixante-dix, c’est d’abord le sien. Pendant quinze ans, il habille orchestralement les albums de Mort Shuman, Michel Sardou, Gilbert Bécaud et, surtout, Claude François et Julien Clerc. Il enregistre plusieurs albums de variété instrumentale, écrit une poignée de tubes marquants, dirige l’orchestre des émissions de Michel Drucker (Stars et Champs-Elysées, dont il compose également les indicatifs avec Jean-Pierre Bourtayre). A l’approche de la quarantaine, Jean-Claude Petit prend le risque d’un choix de carrière radical : du jour au lendemain, il tourne le dos à la chanson au profit du cinéma.

Son premier grand coup d’éclat cinématographique, c’est évidemment le diptyque de Marcel Pagnol mis en images par Claude Berri, Jean de Florette et Manon des Sources, en 1986. En s’appuyant sur les sept premières notes de l’ouverture de La force du destin, l’opéra de Verdi, Jean-Claude Petit développe une vaste partition d’où émergent l’harmonica soliste de Toots Thielemans et quelques clins d’oeil au folklore provençal. « Jean de Florette n’est pas un simple drame méridional » précise le compositeur. « C’est une tragédie que la musique doit tirer vers une forme d’universalité ». Le succès international des deux films sera sa carte de visite et forgera son image, en l’occurrence celle d’un compositeur d’inspiration classique ou néo-classique, particulièrement doué pour réinventer le passé. Image confortée par son éclatante collaboration avec Jean-Paul Rappeneau sur Cyrano de Bergerac dont la spectaculaire partition, en équilibre entre musique baroque, romantique et d’aujourd’hui, lui vaut une série de récompenses : César, British Award, Victoire de la Musique.

Dès lors, on ne compte plus les films d’époque sur lesquels apparaît sa signature, aussi bien en France qu’en Angleterre : Le Retour des Mousquetaires (Richard Lester), Lady Chatterley (Ken Russell), Le Hussard sur le toit (Jean-Paul Rappeneau), Beaumarchais l’insolent (Edouard Molinaro), Les Misérables (Josée Dayan)… Avec Mayrig, Jean-Claude Petit sera aussi le dernier compositeur d’Henri Verneuil […].

Cette étiquette de « compositeur de productions historiques, à dimension patrimoniale », à la fois assumée et jugée réductrice par l’intéressé, camouffle d’autres versants de sa personnalité, sans doute plus secrets, sinon plus personnels. Ecoutez par exemple la partition du Zèbre dont l’humour triste éclaire d’un élégant désespoir les images de Jean Poiret. On en retrouve des traces chez des auteurs-cinéastes du nouveau monde (Alexandre Jardin, Eric Assous), venus à Jean-Claude Petit précisément pour retrouver cette ligne mélancolique.

À l’aube du 21ème siècle, Jean-Claude Petit est rattrapé par les années soixante-dix : le romancier Yann Moix, lui confie la musique de Podium. Le compositeur replonge alors dans sa période variété, avec pour mission de réenregistrer à l’identique ses arrangements pour Claude François. D’autres collaborations sont à venir : Florence Moncorgé-Gabin avec Le Passager de l’été, Valérie Guignabodet avec Danse avec lui et, en avril 2015, Jérôme Le Gris avec Premiers crus, interprété par Gérard Lanvin et Jalil Lespert. « Voilà trente ans que j’écris pour le cinéma et je ne suis pas blasé par l’exercice », arme-t-il, dans un sourire. « Car pour moi, la musique de film est définitivement la forme d’expression idéale pour faire la synthèse entre mes différentes cultures. »

D’après Stéphane Lerouge

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